- 4 août
MON BILAN DE L'ANNÉE
- Alwa Deluze
- développement personnel
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J'écris en regardant les montagnes alors que l'orage gronde sur les sommets. Après des jours de canicule, l'air circule à nouveau, c'est agréable. Un plaisir de courte durée et que je juge un peu coupable au regard des souffrances garnissant le monde. Ce constat établi, je tente de rester connectée à ce qui m'habite, consciente que sans cet ancrage, je me sentirai encore plus démunie.
Depuis plusieurs semaines, je ressens le besoin d'observer - et surtout d'écrire - sur l'année venant de s'écouler. Il s'agit de prendre de la distance sur ce qui me traverse émotionnellement, d'une façon d'orienter avec davantage de conscience les choix que je devrai opérer dans les prochains mois.
J'aime dresser ces constats durant l'été car le temps des congés, cette période où les journées n'ont pas la même saveur, reste à mon sens propice aux rêveries et à l'introspection. Cela ne m'empêchera pas de me saisir de mon cahier en fin d'année pour dresser un autre bilan, souvent plus court et en lien avec ce que je dépose ici.
En parallèle de ces pensées assez personnelles, je vous propose quelques outils qui vous donneront peut-être aussi l'idée de profiter des longues journées estivales pour observer avec un peu de recul ce qui vous a animé ces derniers mois. Bien sûr, n'hésitez pas à me questionner si vous le souhaitez.
Un mot : (re)construction
Première étape, fermez les yeux et choisissez un mot pour définir l'année - scolaire - venant de s'achever.
À peine quelques respirations et ce mot, reconstruction, m'est apparu naturellement.
Après une année - très - tumultueuse, j'ai commencé dès l'automne à construire ma nouvelle vie, marquée principalement par l'achat d'une maison. Comme souvent pour tous les gros changements, cette transition fût éreintante. J'ai terminé l'année - calendaire - sur les rotules mais avec une sensation d'apaisement profond. À ce moment là, je pensais être "arrivée" quelque part.
Aujourd'hui, d'autres constructions ont parsemé mon chemin et je crois surtout que mon nid m'a ouvert de fraîches perspectives, m'a permis de franchir la ligne d'un nouveau départ. Les épaules plus légères et l'oeil affûté, je me sens désormais prête à plonger dans de futures aventures.
"Je suis hypersensible"
Qu'avez-vous appris sur vous durant cette année ?
Je n'avais jamais vraiment compris pourquoi, dans de multiples situations, je me sentais à part, ou différente. Pourquoi je nourrissais le sentiment de recevoir les événements de manière beaucoup plus vive que nombre de mes proches. Pourquoi mes émotions débordaient si souvent.
Cette année, la vie m'a aidée à voir en me faisant vivre des temps très intenses, de manière répétée. J'ai compris à quel point mon enthousiasme pouvait devenir ravageur, mon énergie et mes rires se transformer en épuisement et en détresse. Jusqu'à présent, j'éprouvais une forme de gêne à ressentir tout cela, une sorte de culpabilité au constat d'être trop. Je pensais devoir relativiser, serrer les dents, faire des efforts. Pourquoi ? Me glisser dans la norme, sans doute. Une petite voix me susurrant régulièrement au creux de l'oreille : "ce n'est pas si grave, si ? Allez, avance.".
En réalité, peu à peu et sans vraiment le réaliser, je m'épuisais psychiquement. Cette impasse était masquée par le tourbillon enfermant de mes émotions. Récemment, j'ai décidé de m'arrêter et de regarder de face cet ouragan. Je ne crois toujours pas l'assumer pleinement, mais je suis soulagée de l'écrire : je suis hypersensible. Je vis tout ce qui m'arrive de manière très intense et souvent, cela cause de sérieux dégâts. Je me sens exangue, sans énergie alors que si je rationalise, effectivement, tout n'est pas si grave...
Je crois que nommer cette hypersensibilité m'aide à accepter l'intensité des émotions qui me traversent et finalement, plus naturellement, à parvenir à préserver une certaine distance avec ce que je vis, à dépasser les petits obstacles que je dois surmonter. J'ai aussi compris pourquoi le yoga est devenu instinctivement une activité essentielle de mon quotidien. La pratique me permet d'observer ce qui m'anime, aussi bien physiquement que mentalement, d'accepter l'intensité de mes ressentis mais aussi de ne plus me sentir totalement engloutie.
De nouvelles perspectives professionnelles
Quelles graines avez-vous semées ?
Je n'ai pas encore complètement réalisé... mais enfin, le nouveau chemin professionnel auquel j'aspire depuis des années s'ouvre devant moi !
Voilà cinq ans que je tente de m'inscrire en psychologie à l'université et jusqu'à présent, Parcoursup me jouait des tours. J'ai appris au printemps, via une amie, que la faculté de Lyon proposait un cursus de formation continue permettant d'accéder au diplôme. Il me restait un mois pour candidater... et j'ai été reçue !
Je débute donc en septembre une licence de psychologie, sans cours magistraux, ce qui me permettra à la fois de continuer à travailler et de dispenser mes consultations en hypnose le mercredi à Toulouse. Je suis d'autant plus enthousiaste que la majeure partie des validations prend la forme de mémoires. Si l'écrit reste toujours pour moi un travail fastidieux, il est aussi l'un de mes modes d'expression favori.
De la joie
Comment vous sentez-vous aujourd'hui?
Durant mes congés, j'ai pris le temps de réaliser un vision board. Le principe est assez simple :
sélectionner une trentaine d'images qui vous plaisent, il est aussi possible de choisir des mots
les agencer puis les coller sur une feuille blanche (vous serez sans doute obligé.e d'opérer un nouveau tri)
ajouter éventuellement - en dernier - certains des mots que vous avez à disposition
se questionner : que ressentez-vous à la vue de cette image ? qu'est-ce qui vous surprend ? quelle est votre image préférée ?...
La couleur, le dynamisme, le foisonnement ressortant de mon vision board est sans doute ce qui m'a le plus saisie dans cet exercice. La joie est décidément une composante indispensable de mon quotidien. J'aime quand elle foisonne, qu'elle superpose, qu'elle explose et qu'elle surprend. Je crois d'ailleurs qu'il s'agit de l'une de mes qualités préférées : cette capacité à me réjouir et à puiser une énergie... parfois un peu folle.
Aller plus loin ?
Vous souhaitez approfondir ce temps d'introspection ? Voici quelques questions auxquelles vous pouvez aussi répondre :
quel événement a marqué mon année - de manière positive ? Qu'en ai-je appris ?
de manière négative ? Qu'en ai-je appris ?
et si c'était à refaire ? Que changeriez-vous ?
écrire un texte d'une dizaine de ligne résumant le plus justement possible ce que vous avez vécu et ressenti cette année.